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Christian Cambon, Présidentde la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat

Dans un monde plein de dangers où la guerre fait rage à nos portes, le quinquennat qui s’ouvre est sous des menaces stratégiques majeures. Les besoins des armées sont importants, à la fois pour assurer le nécessaire rattrapage qu’impose une suractivité subie depuis  plusieurs années déjà, en opérations hors des frontières et sur le sol national, mais aussi pour investir pour préparer l’avenir de notre défense : modernisation de la dissuasion nucléaire, consolidation des moyens du renseignement et de la cyberdéfense.
 
Le Président de la République, chef des armées, s’est engagé à porter les ressources de la défense à 2 % de la richesse nationale en 2025. Dans ce contexte, le thème des Universités s’est très vite imposé : « 5 ans pour la défense : menaces, ambitions, moyens ».
Le choix de la ville de Toulon, aussi. Premier port militaire de la Méditerranée, Toulon nous conduira naturellement à aborder la lutte contre le terrorisme, les opérations extérieures,  le contrôle des frontières, la base industrielle et technologique de défense… pour ne citer que quelques-uns de nos thèmes de travail. Car la Méditerranée est aujourd’hui, au fond, une interface stratégique au confluent de toutes les crises actuelles, qu’il s’agisse du terrorisme dans la bande sahélo-saharienne et jusqu’à l’Afrique sub-saharienne, des crises majeures au Levant, des zones de grande fragilité comme au Maghreb, voire de poches de non droit et de faillite comme en Libye. Mer Méditerranée où se joue la tragédie des migrants, où reviennent, aussi, les menaces de la force….
 
L’Europe semble enfin prendre conscience, sous l’effet des nouvelles orientations d’une relation transatlantique modifiée, qu’elle doit renoncer à l’illusion de toucher les « dividendes de la paix ». La volonté politique de renforcer la défense de l’Europe est là, des décisions importantes ont été prises, qui restent encore à mettre en œuvre. Dans cette nouvelle donne européenne, la France a naturellement un rôle d’entrainement et de mise cohérence à jouer, entre le moteur franco-allemand de l’Union européenne et l’alliance stratégique, opérationnelle et capacitaire avec un Royaume-Uni qui doit rester, pour la sécurité de l’Europe, un partenaire de premier plan.
Je souhaite que les échanges libres et directs qui font, depuis leur création, la richesse et l’originalité de ces deux journées de travail et de rencontres, permettent d’apporter, sur ces sujets, des réponses utiles à la réflexion de tous.
Merci à Toulon de son accueil et bonnes Universités à tous !