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CNIM : BITD : les PME et ETI françaises en première ligne pour insuffler de l’agilité et soutenir la construction du « collectif défense » national et européen

Dans le contexte de préparation d’une nouvelle loi de programmation militaire, la France est confrontée à plusieurs défis, dont celui de la pérennité et de l’agilité de son tissu industriel pour répondre aux exigences technologiques et opérationnelles des futurs systèmes d’armes et équipements de défense. Les entreprises de taille intermédiaire, telles que le Groupe CNIM et sa filiale Bertin, jouent un rôle pivot dans cette démarche.


Nous sommes en capacité d’apporter de la cohérence et de l’efficacité sur les cycles de l’innovation et de développement des systèmes d’armes, quels que soient la nature des technologies et les besoins opérationnels concernés. Par exemple, la France et son industrie de défense vont devoir renouveler les moyens de la dissuasion, un domaine d’excellence historique de CNIM, en suivant une logique de long terme, de souveraineté et de maintien des compétences-clés. Au-delà des GMOI, les ETI et PME familiales - ou bénéficiant d’un autre actionnariat engagé dans la durée - sont elles aussi de nature à contribuer à cette base industrielle pérenne. Elles permettent d’assurer cette autonomie et sont capables d’apporter les compétences nécessaires à un horizon de 50 ans, en prenant en compte des évolutions technologiques désormais globalisées et caractérisées par « l’open innovation ».
En parallèle, nous assistons à la montée en compétences de nombreux industriels dans les domaines du big data et de la cybersécurité. Pour ces nouveaux domaines, qui concernent la souveraineté ou a minima l’autonomie stratégique nationale, les temps de cycle d’innovation et d’acquisition des compétences sont très courts et doivent être gérés en conséquence dans le développement des équipements et systèmes de Forces. L’industrie américaine du logiciel possède une longueur d’avance sur la France en termes de financement et de parts de marché. Bien que de grande qualité, les talents français ne sont pas assez nombreux ni assez soutenus et notre pays fait les frais d’une véritable chasse aux talents internationale, avec notamment la forte attractivité de la Silicon Valley. Dans ces conditions, comment motiver nos entrepreneurs français sur l'enjeu de défense et de sécurité autant que sur celui de la réussite entrepreneuriale ? Encore une fois, des entreprises de taille intermédiaire, solidement ancrées dans leur écosystème local mais avec une stratégie ambitieuse à l’international, peuvent présenter en France un modèle de développement attractif entrepreneurial et ainsi attirer et fidéliser de hauts potentiels.
Face à ces différents défis et afin de mener à bien les programmes de développement en phase avec les cycles de vie très divers des technologies impliquées, nous avons besoin de mettre en place un pilotage des projets adaptatif et agile : de la phase de Recherche à la mise en service et l’exploitation des systèmes et équipements concernés. Il s’agirait d’ouvrir à l’ensemble de l’écosystème de défense, au-delà des GMOI traditionnels, la conduite des Etudes amont et celle des développements industriels qui en découlent.
La revue stratégique menée dans les semaines à venir est une opportunité unique pour réactualiser notre « posture » à partir d’une analyse de la menace en constante évolution. Elle est également l’occasion de faire évoluer le processus de développement de nos futures technologies de défense et de nos futurs systèmes d’armes, en termes d’organisation mais aussi de fonctionnement entre utilisateurs des Forces, maîtres d’ouvrage et acteurs de la BITD.
Il est par ailleurs nécessaire de multiplier les échanges entre ces différentes parties prenantes autour du RETEX, afin que les équipements à développer dans le temps long ou dans le temps court soient les plus adaptés à la réalité du « terrain » d’aujourd’hui et de demain. Raccourcir les boucles de spécification, de décision et d’exécution est un enjeu primordial de l’industrie de défense.
Sur le plan international, le levier de la référence « France » à l’export et les collaborations avec d’autres pays pour de nouveaux systèmes ou équipements doivent être le fer de lance de notre politique d’armement.
Le dispositif SOUTEX est aujourd’hui remarquablement efficace : il renforce la proximité des industriels et des opérationnels face au client ; gardons et propageons cet esprit de conquête collective !
Dans les semaines à venir, s’ouvrira certainement un nouveau débat sur les intérêts opérationnels, stratégiques et industriels de la coopération en Europe. Il est à craindre que certaines PME et ETI françaises restent dans l’expectative, entre opportunité de marchés additionnels et arrivée de concurrents étrangers sur le marché domestique. A ce sujet, le dialogue devra se faire plus étroit et pragmatique entre la puissance publique et l’ensemble des industriels concernés. Dans le cadre de cette nouvelle donne pour une coopération européenne accrue, CNIM et sa filiale Bertin sont d’ores et déjà en mouvement avec l’acquisition très récente de la société suédoise Exensor, qui positionne désormais Bertin comme leader européen dans les réseaux de capteurs déposés pour la protection des Forces et la protection d’Infrastructures Critiques, avec notamment comme clients de référence les Armées allemande et française.
Philippe Demigné