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CNES : Défense et Espace, De grandes ambitions pour l’Europe

Depuis plus de 55 ans, le CNES contribue à apporter à la Défense des moyens de communications, d’observation optique et de renseignement d’origine électromagnétique. En 2017, la Défense française se trouve à une période charnière. L'élection d'un nouveau Président de la République conduit à réfléchir aux missions à confier à la Défense et aux moyens à y consacrer.
 
Or, le spatial permet de satisfaire une triple ambition : stratégique, capacitaire et industrielle. Acteur de la 15ème Université d’été de la Défense, le CNES souhaite contribuer à cette réflexion, son thème fédérateur pour 2017 « Inventer l’espace de demain » s’adaptant parfaitement à ce débat.
 
 
Une ambition stratégique
 
Dans un monde qui évolue rapidement, grandes sont les responsabilités de la France. Elle représente souvent l’Europe en action, capable d’engager ses troupes et de faire entendre sa voix.
Le spatial est l’une des illustrations de cette autonomie, que ce soit dans le domaine des lanceurs ou dans celui des systèmes spatiaux. 
 
De nouveaux acteurs privés (SpaceX, Blue Origin) émergent à côté des acteurs étatiques traditionnels. En réponse, le CNES, ses partenaires de l’ESA et les industriels préparent le lanceur Ariane 6. Flexible, modulaire et compétitif, il devrait répondre aux besoins institutionnels et commerciaux à partir de 2020 et maintenir l’autonomie européenne d’accès à l’espace.
 
Pour sa diplomatie comme pour ses opérations, les moyens spatiaux offrent à la France une autonomie d’appréciation de situation. Observation, communications ou écoute, ces moyens renforcent la place de la France dans le monde et offrent à l’Europe une capacité d’analyser en toute indépendance et donc de décider et d’agir à partir de critères objectifs.
 
                                                       
Une ambition capacitaire
 
Pour répondre à cette ambition stratégique, la Défense dispose de capacités spatiales auxquelles le CNES a fortement contribué.
 
Avec les satellites Hélios 2 et Pléiades, les forces françaises bénéficient d’images optiques très performantes. Pour maintenir ce niveau, la Défense a lancé la Composante Spatiale Optique (CSO) du programme européen MUSIS (MUltinational Space-base Imaging System) dont le premier satellite devrait être opérationnel en 2019 et à laquelle participe la Défense allemande.
 
Dans le domaine du renseignement d’origine électromagnétique, les armées disposeront, à l’horizon 2020, d’une nouvelle capacité avec la constellation CERES (CapacitE de Renseignement Electromagnétique Spatial). Ces satellites seront à même de détecter, analyser et localiser les émissions électromagnétiques partout dans le monde.
 
Enfin, les satellites Syracuse 4 devraient être lancés à partir de 2020, afin que nos forces en opération soient reliées en permanence aux autorités en métropole avec des communications très sécurisés et protégés contre le brouillage. En outre, la Défense et le CNES ont conduit, avec leurs partenaires italiens, le programme dual Athéna-Fidus.
 
Pour maintenir ce niveau de capacité, indispensable à toute ambition stratégique, le ministère des armées et le CNES préparent ensemble les moyens qui succèderont aux systèmes actuels. C’est dans ce cadre que sont conduits les programmes OTOS et Constellation Optique 3D en observation de la Terre, ou FAST et Telemak en SatCom.
 
Enfin, face à un risque d’arsenalisation de l’espace, la protection de nos satellites est devenue primordiale. L’amélioration du radar militaire Graves de surveillance de l’espace et l’initiative EU-SST menée avec quatre partenaires européens, la Commission européenne et le centre satellitaire de l’UE contribuent à améliorer notre autonomie dans la connaissance de la situation spatiale. Au-delà, la Défense et le CNES poursuivent leurs réflexions sur le renforcement de la résilience de nos satellites, militaires comme duaux.
 
 
Une ambition industrielle
 
Pour que nos armées continuent de disposer de systèmes très performants, aptes à surmonter des menaces croissantes, la France détient une industrie puissante. Cette industrie est soutenue par la puissance étatique qui consacre d’importants moyens à la R&T et à l’innovation.
 
Cette ambition industrielle est celle de la France ; depuis le début de l’aventure spatiale, elle a investi dans de nombreux programmes civils et militaires, seule, en coopération ou dans le cadre d’instances au niveau européen. Pour notre pays, le spatial représente 16.000 emplois directs.
 
C’est aujourd’hui une ambition à la mesure de l’Europe. En effet, le marché est mondial, des pays émergents investissent dans le domaine, de nouveaux acteurs entrent en jeu en se basant sur la révolution numérique et les besoins en communications, en services et en applications croissent très rapidement.
 
Dans une société basée sur l’information, l’outil industriel européen, start-up ou grand groupe, intégrateur ou société de services, doit être capable de s’adapter pour répondre aux besoins des militaires comme à ceux des citoyens.
 
Dans cette évolution, la France a un rôle important à jouer, compte tenu de la qualité de son industrie spatiale et des investissements qu’elle a consentis pour la développer. En créant une Direction de l’Innovation et des Applications, le CNES s’est adapté pour accélérer ce processus.
 
 
Conclusion
 
Les succès de la France sont basés sur de grandes ambitions. Sa place en Europe et dans le monde est renforcée par les capacités militaires dont elle dispose et qu’elle engage sur de nombreux théâtres. Ses succès spatiaux sont basés eux aussi sur l’autonomie.
 
Ces deux ambitions ont nécessité des investissements importants, humains comme financiers, résultats d’une ferme volonté politique. Aujourd’hui, la France en récolte les fruits aux plans diplomatique, économique et sociétal.
 
Elle doit à présent convaincre ses partenaires européens de partager ces ambitions ainsi que ces investissements, dans la Défense comme dans le spatial ; les succès induits pourront servir de ciment à une Europe forte, espoir de ses citoyens.