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Nexter Robotics : Robotique de Défense

1.    La robotique à l’origine d’un risque de nivellement capacitaire

Les drones (aériens) et les robots (terrestres) sont longtemps restés un moyen réservé aux grandes puissances militaires ; les drones MALE, HALE et les premières générations de drones tactiques nécessitaient en effet des investissements importants, qui les mettaient de fait hors de portée du plus grand nombre, même si leurs intérêts stratégique et tactique ont été vite reconnus. Les robots terrestres sont quant à eux restés cantonnés pendant plusieurs dizaines d’années au domaine EOD (Explosive Ordnance Disposal). Ce n’est qu’avec les conflits asymétriques du début des années 2000 (Afghanistan, Irak) et l’apparition de la menace EEI (Engin Explosif Improvisé) que l’usage des robots et drones va se développer dans les tâches de Reconnaissance, puis progressivement dans toutes celles relevant du « 3D » (Dangerous, Dull, Dirty).

Cette évolution s’accompagne au cours de la même période d’un développement accéléré des technologies impliquées dans la robotique, et de l’élargissement de leur diffusion notamment grâce à la démocratisation d’Internet (et de sa composante Darknet).
On observe que les armées occidentales restent cadrées par une doctrine qui ne laisse à la robotique qu’une place réduite (les robots ne sont jusqu’à présents conçus que pour exercer des tâches préexistantes dans la doctrine), alors que nos nouveaux adversaires ne sont pas contraints par les mêmes règles et se lancent dans l’exploitation du potentiel robotique devenu facile d’accès ; on voit ainsi dès à présent des drones chinois DJI larguant des grenades sur le théâtre opérationnel ou encore des essaims de micro-drones survolant des positions pour, a minima, y exercer une pression psychologique déstabilisante, pour ne citer que ces deux exemples.
Il existe donc un véritable risque de « nivellement capacitaire », conduisant à ce que des robots et des  drones à bas coûts, dont les spécificités continueraient à être exploitées opérationnellement avec intelligence, pourraient finalement permettre à des groupuscules déterminés de résister face à des armées puissantes et bien entraînées.

2.    La robotique pour contribuer à la supériorité opérationnelle
 
Il existe plusieurs voies pour éviter ce risque de nivellement identifié ; nous n’abordons ici que les réponses basées sur des solutions robotiques en cours de développement chez Nexter Robotics.
   
2.1.    Mini-robotique réactive et modulaire pour actions de contact

Au-delà de la menace EEI qui justifie pleinement l’emploi de solutions robotisées (terrestres ou aériennes) par les unités au contact, il importe de mettre à disposition de nos Forces des moyens robotisés offrant la modularité et la souplesse d’emploi nécessaires à des réponses réactives adaptées, allant éventuellement au-delà des actions aujourd’hui décrites dans la doctrine d’emploi des matériels en service.
C’est la raison d’être de la gamme de mini-robots NERVA-LG de Nexter Robotics qui, outre des performances natives élevées, compatibles d’une utilisation en environnement opérationnel sévère (robustesse, simplicité d’emploi, …), peuvent être reconfigurés sur le terrain grâce à des dizaines de Modules additionnels interchangeables. Tous ces Modules sont « Plug & Play » (échangeables en quelques secondes) et couvrent des missions aussi variées que la Reconnaissance (Jour/Nuit, thermique, longue distance…), la détection NRBC, la lutte anti-EEI (détecteur d’explosifs, canon destructeur d’EEI, …) la déception, voire l’agression avec différentes Armes à Létalité Réduite.
L’ouverture et la Modularité proposées sur la famille de robots NERVA-LG en font un moyen de réaction très efficace pour un spectre de situations étendu et potentiellement évolutif. Ces mêmes caractéristiques permettent notamment d’offrir de nouveaux services opérationnels capables de surprendre nos adversaires (Approcher discrètement au plus près pour… percer les pneus d’un véhicule, brouiller la radio d’un véhicule, occuper le terrain, …).

2.2.    Robotique lourde pour protéger et soulager les personnels

Nexter Robotics développe également une gamme de robots lourds de type « RTP » (Robot Tactique Polyvalent) capable de protéger et soulager les personnels dans des missions telles que :
  • L’Ouverture d’Itinéraire Piégé : Robot passant en-tête de convoi et capable de détecter, leurrer, déclencher les éventuelles menaces EEI situées sur son passage ; la mobilité du robot et sa capacité d’emport doivent être compatibles des contraintes de déplacement du convoi et des différents capteurs/effecteurs adaptés à la mission (Radar à pénétration de sol, détecteur neutronique, …).
  • La surveillance de sites sensibles : Robot capable de réaliser des itinéraires de patrouille sur un site préalablement défini, et d’y détecter d’éventuelles intrusions (présence d’intrus, dégradations des clôtures, …).
  • Le transport logistique : Robot pour convoyage de matériels, ou bien en suivant des personnels (en les soulageant de leur charge), ou bien en réalisant des itinéraires téléopérés ou préalablement programmés.
Cette gamme RTP est de base équipée de nombreuses assistances à l’opérateur, afin d’automatiser tout ou partie du déplacement ; on s’appuie pour cela sur un certain nombre de « Comportements Sensorimoteurs » (Suivre un chemin, Suivre un personnel, Suivre un véhicule, Rallier un amer, etc.), qui ont l’avantage de ne pas nécessiter de GPS (ou équivalent) ni de centrale inertielle coûteuse, d’où une robustesse décuplée et un coût réduit.

2.3.    Robotisation des véhicules de combat

Sous ce terme, Nexter Robotics englobe en fait 2 approches complémentaires :
  • Equiper les véhicules de combat avec robots (terrestres) et drones (aériens) afin d’en étendre les capacités natives : Observer plus loin, Faire de la Reconnaissance NRBC, Désigner une cible, Reconnaître les abords d’un chemin ou d’une maison …. L’enjeu se situe ici dans la capacité à rendre l’emploi de ces outils robotisés le plus transparent possible pour les personnels, qui ne devront pas être des « roboticiens » ; l’évolution des interfaces Homme-Robots devra en outre permettre de les contrôler dans un environnement opérationnel (Aller reconnaître la colline, Faire un relevé de contamination radiologique de telle zone …) et non plus technique.   
  • Concevoir les futurs véhicules de combat en les dotant d’une capacité à être téléopérés ponctuellement sur le terrain, quand le besoin s’en fait sentir, avec toutes les protections requises contre des prises de contrôle par un tiers.
Ce dernier aspect couvre également une éventuelle « robotisation de circonstance » de véhicules qui n’auraient pas été initialement prédisposés.